mardi 30 juin 2009
Zine Boukriche, président de la misssion locale de Gennevilliers sur le detournement orchestré par les services de Fadela Amara
posté par Remaker :: Actualité :: #400 :: rss::
Pour améliorer le mauvais bilan des contrats d?autonomie pour l?emploi des jeunes, les services de Fadela Amara ont détourné le travail de missions locales au bénéfice d?un opérateur privé. Voir l'article de Dany Stive. Zine Boukeriche, président de la misssion locale de Gennevilliers répond aux questions de l'Humanité.
Zine Boukriche, élu municipal à Gennevilliers, est le président de la mission locale.
Qu’évoque pour vous le détournement opéré par le secrétariat d’État à la Ville ?
Zine Boukriche. Il marque évidemment toutes les difficultés rencontrées par Fadela Amara pour faire apparaître son plan Espoir banlieues comme une réussite. Pour gonfler les chiffres des contrats d’autonomie, ses services n’hésitent pas à mettre en danger le service public de l’emploi, à savoir les missions locales. Le travail de plusieurs années est en cause. C’est d’autant plus scandaleux que l’opérateur privé est, selon son contrat, censé aller chercher « au pied des immeubles » les jeunes qui sont loin de l’emploi et non profiter du travail accompli par les missions. Dans le cadre de son obligation de résultat, cet opérateur engrange 7 500 euros pour chaque jeune placé en formation qualifiante ou dans un emploi à l’issue de son contrat. Des moyens énormes qui n’ont rien à voir avec ceux dont bénéficient les missions locales. De plus, que l’État mette ce service public dans l’obligation de fournir des listes de jeunes à cet opérateur relève de l’injonction paradoxale, de la perversité idéologique, de l’aberration économique. Pour toutes ces raisons, on ne peut que s’interroger sur l’utilisation des finances publiques sur ce dossier.
Comment les jeunes réagissent-ils face à cette situation ?
Zine Boukriche. Chaque jeune recruté par l’opérateur privé reçoit 300 euros par mois pendant six mois. Rien du côté des missions locales. Certains jeunes - encouragés par les opérateurs privés ? - clament que les missions sont nulles. De toute façon, ils regardent aujourd’hui ces deux entités comme concurrentes. La réalité est complexe. Dans la boucle nord des Hauts-de-Seine, 80 % des contrats d’autonomie ont été signés à Asnières. Ce n’est pas le fruit du hasard : C3 Consultants y a embauché d’anciens conseillers de la mission locale.
Cette concurrence est-elle de bon augure ?
Zine Boukriche. Non. En agissant ainsi, l’État s’enferme dans une politique à court terme, il joue avec le feu. L’éthique du service public n’est pas la même que celle d’une entreprise privée. Quand les opérateurs ne seront plus là, les problématiques de la ville et des territoires, elles, seront toujours présentes. On peut craindre un retour difficile pour certains jeunes dans les structures publiques. Il y a des équilibres territoriaux sur lesquels il vaut mieux ne pas agir à la légère. La situation peut se révéler facilement explosive.
Pour améliorer le mauvais bilan des contrats d?autonomie pour l?emploi des jeunes, les services de Fadela Amara ont détourné le travail de missions locales au bénéfice d?un opérateur privé. Voir l'article de Dany Stive. Zine Boukeriche, président de la misssion locale de Gennevilliers répond aux questions de l'Humanité.





































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