vendredi 19 juin 2009
SNECMA Gennevilliers: le CE dénonce la décision de ne pas fabriquer en France une pièce de haute technologie.
posté par Remaker :: Actualité - Entreprise :: #398 :: rss::
Mardi, en fin d’après-midi, Didier Le Barze, secrétaire CGT du comité d’entreprise de la SNECMA Gennevilliers (Hauts-de-Seine), reçoit une convocation pour le lendemain 9 h 30 au tribunal de Nanterre, suite à une plainte de la direction de la SNECMA. L’objet de la plainte ? La diffusion à la presse, à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget, d’un dossier sur un projet industriel élaboré par le CE. La direction poursuit le comité d’entreprise pour détournement du logo de la SNECMA et parce que son dossier de presse porterait atteinte à l’image de l’entreprise. De quoi s’agit-il en réalité ?
Filiale du groupe Safran, la SNECMA, ancienne société nationale privatisée en 2004, conçoit, fabrique et entretient des turboréacteurs pour avions civils et militaires, des équipements et des systèmes propulsifs pour lanceurs spatiaux, satellites et véhicules orbitaux. La conjugaison des efforts de la recherche privée et publique, entre la SNECMA, le CNRS et l’Office national d’études et de recherches aérospatiales, pour concevoir les moteurs d’avions commerciaux du futur aboutit à la mise au point d’une « aube de soufflante » - le rotor qui brasse l’air dans le réacteur - de nouvelle conception.
Elle sera fabriquée en composite de fibre de carbone, sa rigidité et sa légèreté permettront aux moteurs SNECMA de répondre aux normes futures en matière de consommation et de bruit. Cette technologie de « l’aube de demain », brevetée SNECMA, malgré les fonds publics injectés pour sa mise au point, ne serait pourtant pas industrialisée en France : un contrat d’exclusivité, signé entre la SNECMA et la société américaine Albany, offre à cette dernière la totalité de cette production jusqu’en 2026.
Cette aube de soufflante ne sera pas produite en France mais à San Marcos, au Texas, à la frontière mexicaine, qui possède deux atouts financiers : elle est située en zone dollar et bénéficie d’une main-d’oeuvre hispanique à bas coût. L’usine de Gennevilliers possède pourtant le terrain, le savoir-faire, en forge comme en usinage, pour réaliser de telles productions. « Les salariés du groupe Safran peinent à trouver une justification à cette décision traduisant un renoncement de la politique industrielle française », avait écrit, le 5 mai dernier, Roland Muzeau, député communiste de Gennevilliers, interpellant le secrétaire d’État chargé de l’Industrie, Luc Chatel.
Le document du CE incriminé dénonce cette situation et propose un plan pour qu’une partie de la production des aubes en composite soit effectuée en France. Pour le comité d’entreprise de la SNECMA, les besoins de la production dans cette branche représentent « une charge de travail croissante pouvant nourrir les travailleurs de l’aéronautique en France et partout ailleurs ». Est-ce parce qu’elle craint l’émergence d’un débat public autour de cette affaire ? Mercredi, en tout cas, la direction du groupe Safran a convaincu sa filiale SNECMA de retirer sa plainte.
Olivier Mayer
Mardi, en fin d’après-midi, Didier Le Barze, secrétaire CGT du comité d’entreprise de la SNECMA Gennevilliers (Hauts-de-Seine), reçoit une convocation pour le lendemain 9 h 30 au tribunal de Nanterre, suite à une plainte de la direction de la SNECMA. L’objet de la plainte ? La diffusion à la presse, à l’occasion du Salon aéronautique du Bourget, d’un dossier sur un projet industriel élaboré par le CE. La direction poursuit le comité d’entreprise pour détournement du logo de la SNECMA et parce que son dossier de presse porterait atteinte à l’image de l’entreprise. De quoi s’agit-il en réalité ?





































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